J’ai arrêté de fumer, puis j’ai
repris : ce qui s’est passé
Vous aviez arrêté. Une semaine, trois mois, deux ans. Vous l’aviez annoncé. Votre conjoint était content, vos collègues vous avaient dit bravo, et vous aviez calculé ce que vous économisiez par mois.
Vous ne le dites plus à personne
Puis il y a eu ce soir-là. Une contrariété, ou une terrasse, ou une main tendue avec un paquet ouvert. Vous en avez pris une. Une seule, pour voir.
Le lendemain matin, vous n’en vouliez pas. Le surlendemain non plus. Trois jours après, vous en avez racheté un paquet, en vous disant que c’était le dernier.
Aujourd’hui vous refumez comme avant, parfois plus. Vous sortez fumer un peu à l’écart. Quand quelqu’un vous demande si vous avez tenu, vous répondez vaguement, ou vous changez de sujet.
Ce que vous ressentez n’est pas seulement de l’envie de cigarette. C’est de la honte. Et la honte est le meilleur carburant du tabac : elle fait fumer pour ne plus y penser.
Ce que la reprise dit vraiment
Une reprise n’annule pas la période sans tabac.
Ces trois semaines, ces six mois, cette année sans fumer ont existé. Vous avez traversé les premiers jours, et vous avez appris ce qui vous fait craquer. Rien de cela n’est effacé par une cigarette. On ne revient pas à la case départ, on revient avec des informations que la première fois n’avait pas.
Beaucoup de personnes qui arrêtent pour de bon ont arrêté plusieurs fois avant. Ce n’est pas un aveu d’échec, c’est le trajet normal.
Les trois moments qui font reprendre
Les mêmes scènes reviennent, et il y en a trois.
La contrariété
Une engueulade, une mauvaise nouvelle, une réunion qui se passe mal. La tension monte, et il faut faire quelque chose de son corps. La cigarette est la seule chose immédiatement disponible. Elle n’enlève pas la contrariété, mais elle fabrique une pause, et c’est la pause que vous cherchiez.
La soirée
Un verre, du bruit, des gens dehors, l’ambiance. Le contexte est celui d’avant, à l’identique. La vigilance baisse d’un cran, et le geste revient tout seul, avant même la décision. Beaucoup de reprises commencent là, avec une cigarette qu’on n’a pas eu l’impression de choisir.
La récompense qu’on s’accorde
Celle-ci est la plus discrète, donc la plus dangereuse. Vous avez fini un dossier, tenu trois semaines, réussi un examen. Vous vous dites que vous l’avez bien méritée. La cigarette redevient un cadeau, et c’est très difficile de refuser un cadeau qu’on se fait à soi-même.
La première « pour voir »
Cette cigarette-là mérite d’être regardée en face.
Vous la fumez en pensant que ce n’est pas grave. Vous vous dites : tu vois, ça ne me fait plus rien, je maîtrise.
Le problème n’est pas la nicotine. C’est ce que cette cigarette rétablit dans votre tête : à partir de cet instant, fumer est redevenu une option. Avant, la question ne se posait plus. Après, elle se repose chaque jour. Et une question qui revient sans arrêt finit par recevoir un oui.
C’est pour cela que la reprise se fait rarement le soir même. Elle se fait trois jours plus tard, tranquillement.
Ce qui manque quand on arrête
par la seule volonté
Arrêter par la volonté, c’est retirer la cigarette et laisser le trou.
Or elle n’était pas qu’une dose de nicotine. Elle occupait une place précise dans votre journée, et cette place ne disparaît pas.
- Le geste. Sortir le paquet, tapoter, allumer, la première bouffée. Vos mains connaissent la séquence par cœur, et elles la réclament indépendamment de vous.
- Le rituel. Le café du matin qui va avec. La sortie après le déjeuner. Celle d’avant de rentrer chez soi, dans la voiture, moteur coupé.
- La fonction. Le prétexte pour sortir d’une pièce. Les cinq minutes seul. La frontière entre deux tâches. La façon d’entrer dans une conversation avec des gens qu’on connaît mal.
Tant que ces trois éléments ne sont pas remplacés, la volonté travaille seule contre une habitude installée par des années de répétition. Elle tient un temps, puis elle fatigue. C’est ce qui s’est passé, et cela n’a rien à voir avec votre caractère.
Ce que vous pouvez faire
maintenant, sans arrêter
Trois choses utiles, même si vous n’avez pas décidé d’arrêter.
La carte de vos cigarettes, sur trois jours
Vous fumez normalement. Vous glissez juste un papier dans le paquet, et avant chaque cigarette vous notez deux choses : l’heure, et ce qui vient de se passer (fin de repas, appel difficile, sortie de voiture, ennui). Trois jours suffisent. Vous verrez apparaître les déclencheurs qui reviennent tout le temps, et les cigarettes qui ne sont là que par enchaînement.
Garder la pause, enlever la cigarette
Choisissez un seul déclencheur de votre carte, le plus régulier. Gardez la pause en entier : vous sortez, vous vous mettez au même endroit, vous restez le même temps. Vous faites simplement autre chose de vos mains et de votre bouche. De l’eau fraîche, un bâton de réglisse, un objet dans la poche, trois expirations longues en regardant loin. La règle : on ne supprime pas la pause. C’est elle que vous cherchiez, pas la fumée.
Écrire ce que la dernière tentative vous a appris
Dix lignes, sur une feuille. Combien de temps vous avez tenu. Le moment exact où la première est revenue, avec le contexte. Ce qui vous manquait à cet instant. Relisez-le le jour où vous fixerez une nouvelle date.
Pour la suite, l’article sur les trois premiers jours sans cigarette détaille heure par heure ce qui vous attend au début.
Quand vous serez prêt à refixer une date
Quand se faire accompagner,
et par qui
Un accompagnement a du sens si vous vous reconnaissez ici :
- vous avez arrêté au moins une fois par la volonté seule, et vous avez repris de la même façon,
- vous savez pourquoi vous voulez arrêter, mais vous n’arrivez pas à passer à l’acte,
- vous redoutez un moment précis (les soirées, la voiture, la pause de dix heures) plus que la cigarette elle-même,
- vous repoussez la date depuis des mois.
Tabac info service, au 39 89. C’est un service public et gratuit. Des tabacologues répondent au téléphone et peuvent mettre en place un suivi, sans que cela vous coûte quoi que ce soit.
Votre médecin traitant. C’est lui qui parle des substituts nicotiniques (patchs, gommes) et de leur prise en charge. Passez par lui si vous prenez déjà un traitement, si vous êtes enceinte, ou si vous avez un antécédent respiratoire ou cardiaque.
Un psychologue, si le tabac est arrimé à une anxiété ou à un état dépressif qui, lui, n’est pas suivi.
L’hypnose est un accompagnement. Ce n’est ni un traitement, ni un substitut à un avis médical, et elle peut se combiner avec les substituts nicotiniques. Je ne promets aucun résultat, et je décris ce que je n’accompagne pas sur la page les limites.
Ce que l’on me demande
le plus souvent
J’ai déjà essayé l’hypnose, et j’ai repris. Ça sert à quoi de recommencer ?
Faut-il avoir arrêté avant de venir ?
Combien de temps faut-il attendre après une reprise ?
Le premier échange dure trente minutes, et il ne coûte rien.
Prendre rendez-vousJulien Vasseur, hypnothérapeute à Tours. Formé à l’hypnose ericksonienne, cabinet situé au 12 rue Colbert, 37000 Tours. J’accompagne l’arrêt du tabac, les peurs et les phobies, le stress et le sommeil.
L’hypnose est un accompagnement. Ce n’est ni un traitement, ni un substitut à un avis médical. Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé en France : renseignez-vous sur la formation de la personne que vous consultez. Pour arrêter de fumer, parlez-en à votre médecin traitant ou appelez Tabac info service au 39 89.