Prendre du poids en arrêtant de fumer : ce qui se passe, et comment l’éviter
Vous y pensez avant même d’avoir éteint la dernière. Vous connaissez quelqu’un qui a arrêté et qui a changé de taille de pantalon en quelques mois. Vous vous rappelez peut-être votre propre tentative, celle où vous teniez bon sur la cigarette et où la porte du placard s’ouvrait toute seule à seize heures. Le paquet de gâteaux entamé le lundi, fini le mercredi. La balance, un matin. Et cette phrase que vous vous êtes dite, à voix basse : au moins, en fumant, je me tenais.
Alors vous repoussez. Après les vacances. Après l’hiver. Quand vous aurez repris le sport. Et la cigarette reste, non pas parce que vous y tenez vraiment, mais parce que l’autre solution vous fait plus peur que celle-là.
Cette crainte fait renoncer beaucoup de personnes avant même le premier jour. Elle mérite mieux qu’une phrase rassurante.
Ce qui se passe vraiment
Le poids peut bouger. Vous dire l’inverse serait vous mentir. Ce qui est utile, c’est de savoir sur quoi ça se joue, parce qu’une partie est à votre portée et l’autre non.
Le goût et l’odorat reviennent
C’est ce que racontent beaucoup de personnes qui arrêtent : la nourriture a plus de saveur. Le pain sent le pain. Un plat qui était correct devient bon. Ce retour est agréable, et il change la façon de manger sans que vous l’ayez décidé. On se ressert. On finit le plat au lieu de le laisser.
Le geste part, la pause reste
Fumer n’est pas seulement une consommation. C’est une occupation. Un geste des mains, une sortie, une pause, une respiration longue, répétés dix ou vingt fois par jour selon les personnes. Quand la cigarette disparaît, ces moments-là ne disparaissent pas avec elle. Ils restent, et ils sont vides. Le corps cherche quelque chose à mettre dedans. Ce qui est à portée de main gagne. À seize heures au bureau, ce qui est à portée de main est rarement une pomme.
C’est le point le plus important de cet article : le grignotage des premières semaines n’est pas d’abord une histoire de faim. C’est une histoire de geste sans emploi.
L’appétit, et ce qui n’est pas de mon ressort
Certaines personnes disent avoir davantage faim les premiers temps. Je ne vais pas vous expliquer ici ce qui se passe dans votre corps. Ce n’est pas mon métier, et je ne veux pas décrire des mécanismes que je ne peux pas vérifier. Votre médecin traitant, un tabacologue ou un diététicien vous répondront sérieusement, moi non.
Même chose pour l’alimentation. Vous ne trouverez dans cet article ni menu, ni liste de courses, ni conseil de repas. C’est volontaire. Un hypnothérapeute qui vous dit quoi manger sort de son rôle.
Ce sur quoi je peux travailler, c’est la deuxième partie : le geste, la pause, le déclencheur. C’est là qu’un accompagnement a quelque chose à dire.
Ce que vous pouvez faire seul,
dès maintenant
Trois choses utilisables aujourd’hui, sans rien acheter.
La journée d’observation, avant même d’arrêter
Choisissez une journée ordinaire, cette semaine, où vous fumez normalement.
- Prenez une feuille, pliez-la en deux dans la longueur.
- À gauche, notez l’heure de chaque cigarette. Rien d’autre.
- À droite, en trois mots, ce que vous faisiez juste avant : sorti de table, raccroché, garé la voiture, fini un dossier.
- Le soir, entourez celles qui étaient une pause plus qu’une envie.
Ce sont exactement celles-là qui deviendront des grignotages si vous ne préparez rien. Vous les connaissez maintenant par leur heure. C’est un renseignement que vous n’aviez pas hier.
Le kit des mains
Faites la liste des lieux où vous fumez : la voiture, le balcon, le bureau, la cuisine. Placez dans chacun un objet qui occupe la main sans monter à la bouche. Un stylo à cliquer, un élastique large au poignet, une balle de mousse, un trousseau de clés lourd, une pâte à malaxer.
La règle : l’objet doit déjà être sur place avant le jour de l’arrêt. Un objet qu’il faut aller chercher ne sert à rien. La main va plus vite que la décision.
La pause de trois minutes, sans cigarette dedans
C’est la parade la plus utile, et la plus négligée. Vous ne supprimez pas la pause, vous la gardez et vous enlevez la cigarette.
- Au moment où vous seriez sorti fumer, sortez quand même. Même porte, même endroit, même heure.
- Réglez trois minutes sur votre téléphone.
- Respirez lentement, en soufflant plus longtemps que vous n’inspirez. C’est ce que vous faisiez déjà avec la cigarette, sans le savoir.
- Rentrez quand la minuterie sonne, pas avant.
Faites-le pour de vrai, debout, dehors. Une pause supprimée se transforme en placard ouvert deux heures plus tard.
Si vous voulez en parler avant de vous lancer
Le protocole d’arrêt du tabac se déroule au cabinet, au 12 rue Colbert à Tours. Vous pouvez aussi m’appeler avant de réserver, pour me décrire votre situation et me poser vos questions. Vous déciderez ensuite, ou pas.Quand se faire accompagner,
et par qui
Un accompagnement en hypnose a du sens quand la cigarette est accrochée à des moments précis de votre journée, quand vous avez déjà arrêté et repris, ou quand la peur de grossir vous bloque au point de repousser depuis des années.
Il ne remplace jamais un avis médical. Il n’est pas un traitement.
Adressez-vous d’abord ailleurs dans ces situations :
- Votre médecin traitant, pour tout ce qui touche à votre poids, à un traitement en cours, à une grossesse, ou si vous envisagez des substituts nicotiniques.
- Tabac info service, au 39 89, service public et gratuit. Des tabacologues répondent au téléphone, sans rendez-vous, et l’appel ne coûte rien d’autre que le prix d’une communication ordinaire.
- Un médecin ou un psychologue, si votre rapport à la nourriture était déjà difficile avant la question du tabac. Un arrêt de la cigarette n’est alors pas le bon endroit par où commencer, et je vous le dirai en séance.
Ce que je n’accompagne pas est écrit noir sur blanc sur la page des limites. Si la pression et le stress sont le vrai moteur, la page consacrée au stress et à l’anxiété vous concerne davantage.
Questions fréquentes
Est-ce que je vais forcément grossir ?
Je préfère encore fumer que prendre cinq kilos. C’est si grave ?
L’hypnose peut-elle m’empêcher de prendre du poids ?
Julien Vasseur, hypnothérapeute à Tours. Formé à l’hypnose ericksonienne, promotion 2019. Cabinet situé au 12 rue Colbert, 37000 Tours. L’arrêt du tabac représente la plus grande part de mon activité, et je reçois aussi des personnes de Joué-lès-Tours, Saint-Cyr-sur-Loire, Saint-Avertin et Chambray-lès-Tours.
Hypnothérapeute est un titre non réglementé. L’hypnose est un accompagnement, jamais un traitement, et elle ne se substitue ni à un avis médical ni à un suivi en cours. N’arrêtez et ne modifiez aucun traitement sans en parler à votre médecin.