Les trois premiers jours sans cigarette, heure par heure
Vous avez posé une date. Elle est peut-être demain. Vous vous surprenez à compter ce qu’il vous reste dans le paquet, et à faire des calculs que vous ne faisiez plus depuis longtemps.
Ce que vous redoutez, ce n’est pas la douleur. C’est le vide. Le café du matin sans la cigarette qui va avec. La sortie du bureau, dans le froid, où tout le monde allume la sienne. Le téléphone qui sonne et la main qui part toute seule vers la poche. La soirée, surtout, quand la journée est finie et qu’il ne reste plus rien à faire.
Vous vous demandez si vous allez être invivable, et si vous allez tenir jusqu’au soir.
Gardez cette page ouverte dans un onglet. Elle déroule ces trois jours, moment par moment.
Pourquoi ces trois jours-là
sont particuliers
Une cigarette n’est pas un objet isolé. Elle est accrochée à des moments : le café, la voiture, le téléphone, la fin du repas, la contrariété. Pendant des années, ces moments ont appelé le geste, et le geste est venu sans passer par la décision.
Quand vous arrêtez, ces moments arrivent quand même, à l’heure, et ils appellent comme d’habitude. Les premiers jours sont cette série de rendez-vous manqués, un par un.
Bonne nouvelle : ils sont prévisibles. Vous savez déjà à quelle heure ils tombent. Un moment prévu se traverse beaucoup mieux qu’un moment qui vous surprend.
Sur ce que fait votre corps pendant ces jours-là, je ne vais rien inventer. Chacun le vit différemment, et cette description appartient à votre médecin ou à un tabacologue.
La journée la plus occupée
Le réveil et le café. Prenez votre douche avant tout le reste : la première demi-heure debout est celle où le pilote automatique est le plus fort. Puis changez la tasse, changez la pièce. Buvez le café debout à la fenêtre ou dans un autre fauteuil. Le café n’est pas votre ennemi, c’est l’association qui l’est, et elle tient à des détails de décor.
Vers dix heures. La pause. Sortez quand même, avec les autres si vous voulez, mais avec quelque chose dans la main.
Après le repas. Levez-vous de table dans les deux minutes. Ne restez pas assis devant l’assiette vide. Faites la vaisselle, sortez, marchez cinq minutes. Ce moment se traverse en bougeant, pas en résistant.
La sortie du travail. Le moment le plus sous-estimé. C’est la cigarette de la bascule, celle qui marque la fin de la journée. Prévoyez un autre marqueur : un coup de fil, un arrêt de bus plus loin à pied, la radio allumée avant de démarrer.
La soirée. L’ennui est le vrai danger, davantage que le manque. Prévoyez une occupation qui salit ou occupe les mains : cuisiner, bricoler, jardiner, ranger un tiroir. Une soirée devant la télévision, les mains libres, est une soirée à risque.
Le coucher. La journée la plus chargée en rendez-vous est derrière vous.
Celui où l’on croit
être sorti d’affaire
C’est souvent le jour où l’humeur se gâte. Beaucoup de personnes se décrivent irritables, à fleur de peau, fatiguées sans raison. Rien d’anormal, et cela ne veut pas dire que vous êtes en train d’échouer.
Le matin. Prévenez les gens. Une phrase suffit, à votre conjoint ou à vos collègues : j’ai arrêté de fumer hier, je serai peut-être désagréable cette semaine, ce n’est pas contre vous. Cela désamorce beaucoup de tensions.
Le téléphone. L’appel long est un piège classique : la main cherche le geste pendant que la tête est ailleurs. Tenez un stylo pendant vos appels, ou marchez en parlant.
En milieu d’après-midi. C’est l’heure où le placard s’ouvre. Décidez maintenant, pas à ce moment-là, de ce que vous ferez à la place. Le sujet a son propre article : la prise de poids à l’arrêt du tabac.
Le soir. Si quelqu’un vous propose une cigarette, ayez votre phrase toute prête, la même à chaque fois : non merci, j’ai arrêté. Pas d’explication, pas de débat. Une réponse qu’on n’a pas préparée est une réponse qu’on négocie.
Celui de la petite
voix raisonnable
Le jour 3 a une particularité. Le plus fort est passé, vous respirez un peu, et c’est justement là qu’arrive la phrase la plus dangereuse : une seule, pour fêter ça, ça ne compte pas.
Elle ne se présente jamais comme une rechute. Elle se présente comme une récompense, ou comme un test. C’est le mécanisme que je décris dans j’ai arrêté de fumer puis j’ai repris.
Ce qui aide, ce jour-là : ne restez pas seul avec la question. Dites à quelqu’un que vous en êtes au troisième jour. Une décision annoncée se défend mieux qu’une décision gardée pour soi.
Ce que vous pouvez faire seul,
dès maintenant
La liste des rendez-vous
Avant le jour 1, écrivez les heures de vos cigarettes fixes sur une journée type. Face à chacune, une seule ligne : ce que je fais à la place. Gardez la feuille sur vous.
La vague de trois minutes
Une envie forte monte, tient, puis redescend. Quand elle arrive, réglez trois minutes sur votre téléphone et occupez vos mains jusqu’à la sonnerie : un verre d’eau bu lentement, un aller-retour dans le couloir, souffler longuement. Vous ne luttez pas contre l’envie, vous la laissez passer devant vous.
Le grand nettoyage, la veille au soir
Briquets, cendriers, cendrier de la voiture, paquet de secours de la boîte à gants. Tout part le même soir. Lavez ce qui sent le tabac, manteau compris. Un décor qui a changé appelle moins fort.
Si vous préférez ne pas traverser ces trois jours tout seul
Le protocole tient en une séance de deux heures au cabinet, au 12 rue Colbert à Tours, avec un rappel prévu si besoin. Vous pouvez appeler avant pour décrire votre situation et décider ensuite.À partir du quatrième jour
Le rythme change. Les envies se font plus rares que faibles : celle du jour 10 peut être aussi forte que celle du jour 1. Ce qui change, c’est qu’il y en a moins, et que vous avez déjà des preuves que vous savez les traverser.
Ce qui compte à partir de là, ce sont les premières fois : la première soirée entre amis, la première contrariété sérieuse, le premier verre. Chacune se prépare comme les rendez-vous du jour 1, avec une phrase et une occupation prévues d’avance.
Quand se faire accompagner,
et par qui
Un accompagnement en hypnose a du sens si vous avez déjà arrêté et repris, si la cigarette est accrochée à des moments précis, ou si l’idée de ces trois jours vous fait repousser la date depuis des mois.
Ce n’est pas un traitement, et cela ne remplace jamais un avis médical.
- Tabac info service, au 39 89 : service public et gratuit, des tabacologues au bout du fil, sans rendez-vous.
- Votre médecin traitant pour tout ce qui relève des substituts nicotiniques, d’un traitement en cours ou d’une grossesse.
- Si ce qui vous fait fumer est d’abord une tension permanente, regardez plutôt la page sur le stress et l’anxiété.
Questions fréquentes
Combien de temps ça dure vraiment ?
Si je craque au jour 2, tout est perdu ?
Faut-il arrêter avant de venir en séance ?
Julien Vasseur, hypnothérapeute à Tours. Formé à l’hypnose ericksonienne, promotion 2019. Cabinet situé au 12 rue Colbert, 37000 Tours. Je reçois également des personnes venant de Joué-lès-Tours, Saint-Cyr-sur-Loire, Saint-Avertin et Chambray-lès-Tours.
Hypnothérapeute est un titre non réglementé. L’hypnose est un accompagnement, jamais un traitement, et elle ne se substitue ni à un avis médical ni à un suivi en cours. N’arrêtez et ne modifiez aucun traitement sans en parler à votre médecin.