Peur du dentiste :
y retourner.
Ici, la peur ne coûte pas un mauvais moment. Elle coûte des soins repoussés, et une bouche qui s’abîme pendant qu’on attend. C’est ce qui la rend différente des autres peurs.
La salle d’attente est petite. Vous avez pris une revue sans la lire. Il y a surtout l’odeur, ce mélange de désinfectant et de produit un peu sucré qui ne ressemble à rien d’autre, et qui vous ramène d’un coup à toutes les fois précédentes. Derrière la porte, on entend l’aspiration, puis un bruit aigu qui s’arrête et qui reprend. Quelqu’un dit votre prénom.
Ensuite, le fauteuil bascule en arrière et la lumière s’allume au-dessus de vous. Vous êtes allongé, la bouche ouverte, des instruments dedans, et vous ne pouvez plus parler. C’est là que tout se joue : plus de parole, donc plus de moyen de dire attendez. Et personne ne pense à vous dire combien de temps cela va durer.
Et il y a l’avant. Le rendez-vous pris puis annulé la veille. Le numéro composé sans lancer l’appel. Les mois qui passent, et cette gêne dont on parle rarement : la crainte d’ouvrir la bouche et de s’entendre dire que vous avez beaucoup attendu. Elle suffit à elle seule à retenir des gens pendant des années.
Ne plus pouvoir dire stop,
et le corps le sait
Le corps réagit à une situation où il ne peut ni bouger ni parler. La mâchoire se serre, ce qui est l’inverse de ce qu’on vous demande. La salive arrive en trop grande quantité, la gorge se ferme, et chez certains un haut-le-cœur apparaît dès qu’un instrument approche du fond de la bouche. Ce n’est pas un manque de courage : c’est un réflexe, et il ne demande pas votre avis.
Deux choses reviennent presque toujours. D’abord un souvenir ancien, souvent d’enfance : une fois où l’on avait promis que ça ne ferait pas mal, et où ça a fait mal. Deux apprentissages se sont installés ce jour-là, celui de la douleur et celui de la parole qui ne protège pas. Ensuite l’odeur et les sons, qui rappellent tout cela avant que vous ayez le temps de réfléchir. C’est pour cela qu’on peut être très bien reçu et paniquer quand même en salle d’attente.
Peurs et phobies : comment je travailleTrois séances,
autour d’un rendez-vous
Retrouver le moyen d’arrêter
On commence par le plus concret : convenir d’un signe de la main que vous ferez au praticien dentaire pour demander une pause, et le lui annoncer en arrivant. Beaucoup de cabinets le proposent déjà. Savoir que vous pouvez interrompre change la situation avant qu’elle ait lieu. L’objectif de départ est un rendez-vous tenu, pas un soin.
La séance sur le fauteuil
Installé au cabinet, guidé par ma voix, vous parcourez la salle d’attente, l’odeur, le bruit, et le moment où le fauteuil bascule. On travaille la mâchoire qui se desserre, la respiration par le nez, et la façon dont le temps passe quand l’attention est ailleurs. Vous repartez avec une version courte, à faire seul.
Après le premier rendez-vous
La troisième séance se place après votre passage chez le dentiste. On reprend ce qui a tenu et ce qui a lâché, et on prépare la suite, car un plan de soins s’étale souvent sur plusieurs mois. C’est cette continuité qui compte.
Connu avant
le premier rendez-vous
Réglable séance par séance. Annulation sans frais jusqu’à 48 heures avant. Ces séances ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie et ne remplacent aucun acte réalisé par un chirurgien-dentiste. Certaines mutuelles participent.
Ce que l’on me dit
au téléphone
J’ai déjà essayé le gaz hilarant, ça n’a pas suffi
C’est logique, parce que ces deux choses n’agissent pas au même endroit. Le mélange gazeux proposé par certains cabinets agit pendant le soin, et s’arrête avec lui. Or votre difficulté commence bien avant : au moment de composer le numéro, la veille au soir, dans la salle d’attente. C’est cette partie-là que l’on travaille. Rien ne vous oblige à choisir.
Est-ce que je vais devoir montrer l’état de mes dents ?
Pas à moi. Je ne regarde pas votre bouche, je ne donne aucun avis sur des soins, et vous n’avez rien à décrire au téléphone. Si c’est le jugement que vous redoutez, dites-le au cabinet dentaire quand vous appelez : beaucoup de praticiens savent recevoir quelqu’un qui n’est pas venu depuis longtemps.
Quand voir un dentiste
avant de me voir
Si vous avez une douleur, une joue gonflée, de la fièvre ou une dent cassée, appelez un chirurgien-dentiste tout de suite, ou l’urgence dentaire. Cela ne peut pas attendre trois séances.
L’hypnose n’est pas une anesthésie. Je ne demande à personne de refuser une anesthésie locale ni de modifier un plan de soins.
Si votre peur vient d’un soin vécu comme violent et que la scène revient encore, un professionnel de santé formé au psychotraumatisme est mieux placé pour commencer.
Je n’avance aucun taux de réussite. La décision d’y retourner reste la vôtre, mon travail est de la rendre plus simple à tenir.
Peur ou phobie : comment faire la différenceLe premier échange dure trente minutes, et il ne coûte rien.
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